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 Garder le cap quand ça ne va pas : mieux connaître ses propres stratégies

Garder le cap quand ça ne va pas : mieux connaître ses propres stratégies

Mardi, Juillet 21, 2026 Vie quotidienne

Il y a les grandes tempêtes, une rupture, une perte, un licenciement. Et il y a les creux plus discrets du quotidien comme une journée qui s'effondre, une fatigue qui s'accumule, un imprévu qui fait vaciller. Dans les deux cas, une question revient : comment je fais, moi, pour tenir le cap ?

La bonne nouvelle, c'est que vous avez déjà des réponses. Peut-être sans le savoir, vous mobilisez déjà des stratégies face aux difficultés. La question est de mieux les identifier, pour les choisir plutôt que de les subir.

Une notion simple : le coping

En psychologie, ces stratégies portent un nom : le coping, de l'anglais to cope with, "faire face à". Le concept a été précisé en 1984 par les chercheurs Richard Lazarus et Susan Folkman, qui le définissent comme l'ensemble des efforts, qu'ils soient une pensée ou une action concrète ou qu'une personne met en place pour faire face à une situation perçue comme difficile.

Leurs travaux ont identifié trois grandes familles de stratégies :

Agir sur la situation : Quand on peut changer quelque chose concrètement : chercher des solutions, demander de l'aide, organiser autrement.

Agir sur ses émotions : Quand la situation ne peut pas être changée immédiatement : se permettre de ressentir, exprimer ce qui pèse, se recentrer.

S'appuyer sur les autres : Chercher du soutien, de l'écoute, de la compagnie.

Il n'existe pas de "bonne" stratégie universelle. Ce qui compte, c'est de choisir celle qui correspond à la situation et à vous.

Pourquoi certaines stratégies marchent mieux que d'autres ?

Une chose est intéressante à savoir : l'efficacité d'une stratégie dépend du moment et du contexte, pas seulement de la stratégie elle-même.

Face à une situation qu'on peut réellement changer  (un projet à réorganiser, une conversation à avoir), agir directement sur le problème est souvent la voie la plus efficace à long terme.

Mais face à une situation qu'on ne contrôle pas (un deuil, une décision qui ne dépend pas de nous), vouloir absolument "agir" peut au contraire épuiser. Dans ces cas-là, se concentrer d'abord sur la régulation de ses émotions n'est pas un renoncement : c'est souvent la stratégie la plus juste, au moins dans un premier temps.

Il n'y a donc pas de honte à "juste" tenir, sans résoudre. Parfois, c'est exactement ce qu'il faut faire.

Concrètement, à quoi ça ressemble ?

Pour rendre tout ça tangible, voici des exemples ancrés dans chacune des trois familles. Lisez-les en vous demandant : lesquelles j'utilise déjà, sans même y penser ?

🔧 Agir sur la situation

  • Faire une liste pour clarifier ce qui dépend vraiment de vous
  • Demander un conseil ou un avis extérieur
  • Découper un problème qui semble immense en petites étapes gérables
  • Préparer concrètement ce qui vous inquiète (une conversation difficile, un imprévu à venir)

💛 Réguler ses émotions

  • Écrire ce que vous ressentez, sans chercher à le résoudre tout de suite
  • Vous accorder un moment pour respirer avant de réagir
  • Vous rappeler une réussite passée, une qualité sur laquelle vous appuyer
  • Vous autoriser une pause, une marche, une activité qui vous change les idées

🤝 S'appuyer sur les autres

  • Appeler quelqu'un, simplement pour parler, pas forcément pour trouver une solution
  • Partager ce que vous vivez avec une personne de confiance
  • Accepter une aide qu'on vous propose, plutôt que de tout porter seul·e
  • Passer du temps avec quelqu'un qui vous fait du bien, même sans parler du problème

L'exercice : repérer vos stratégies

La prochaine fois qu'une situation vous semble difficile, prenez deux minutes pour vous poser ces questions :

1. Cette situation, est-ce que je peux agir dessus, ou est-ce qu'elle m'échappe ?Ça oriente déjà naturellement vers une famille de stratégies plutôt qu'une autre.

2. Qu'est-ce que j'ai déjà fait, dans le passé, qui m'a aidé·e dans une situation similaire ? Vous avez probablement déjà des réflexes qui fonctionnent, l'idée n'est pas d'en inventer de nouveaux à tout prix, mais de les reconnaître.

3. Est-ce que je suis en train de fuir, ou de vraiment me recentrer ? Il y a une nuance importante entre une pause qui ressource (regarder un épisode pour souffler) et un évitement qui s'installe (fuir systématiquement tout ce qui dérange). Les deux sont humains, mais seule la première aide vraiment à tenir dans la durée.

En résumé

Garder le cap, ce n'est pas avoir une seule technique miracle. C'est se constituer, petit à petit, une palette de stratégies dans laquelle piocher selon la situation : Certaines pour agir, d'autres pour traverser, d'autres encore pour ne pas être seul·e.

Et la bonne nouvelle, c'est que cette palette s'enrichit avec le temps. Chaque fois que vous identifiez ce qui vous a aidé, vous avez un outil de plus pour la prochaine tempête, petite ou grande.

***

Sources : Lazarus, R. & Folkman, S., "Stress, Appraisal, and Coping" (1984) : La définition de référence du concept de coping en psychologie.

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